Nos valeurs et nos propositions

Trop de silence face à l’urgence

Nombreux se posent cette question : les partis traditionnels ont-ils jusqu’à présent répondu au défi climatique ? La réponse est assez facile : non ! dès lors, pouvons-nous compter sur eux pour réellement y répondre à l’avenir, au-delà des discours ? Nous pensons que NON !

Nous pensons pourtant que des gens informés, réunis, sont à même de trouver des pistes, à condition qu’on leur permette de se faire entendre.

Notre liste se propose de RELAYER LA PAROLE DES CITOYENS et CITOYENNES, par divers moyens (débats contradictoires, referendum, droit d’interpellation citoyenne…) : c’est le peuple qui doit décider. Tout le peuple, c’est-à-dire ceux aussi qui sont le plus victimes de cette société et vivent difficilement ou dans la misère.

Bien sûr, nous, candidats sur cette liste, nous avons des idées sur un certain nombre de choses, que nous vous présentons ci-dessous pour que vous sachiez « à qui vous avez affaire ».

Une série d’enjeux (climatique, démocratique, économique, social, technologique) doivent être repris en main par le peuple, qui doit pouvoir décider en connaissance de cause ce qui est bon pour lui.

« Tous pourris », « plus rien à faire » ?

Cette idée nous traverse l’esprit aussi parfois. Mais nous voulons encore croire que le niveau local peut être un levier de changement. « Les compétences communales sont très larges, couvrant tout ce qui relève de “l’intérêt communal”, c’est-à-dire des besoins collectifs des habitants », trouve-t-on sur le site de la Belgique fédérale. Ceci nous laisse penser que la commune reste un lieu incontournable à l’échelle locale, pour mener à bien ces changements indispensables face à la situation climatique, sociale, économique dramatique. Selon le dernier rapport du GIEC, « 50 à 70 % des solutions pour le climat se situent à l’échelle locale ».

Pour que ce qui est, aujourd’hui, alternatif devienne, demain, la norme

Nous voulons que Watermael-Boitsfort devienne un modèle de commune en matière de transport, de déchets, d’énergie, d’alimentation, de commerces, d’égalité, de logement, d’enseignement. Comme l’exprime le mouvement Alternatiba, qui fédère et s’inspire de centaines d’alternatives en Europe, « de nombreuses solutions existent, elles doivent être mises en œuvre le plus rapidement possible et par le plus grand nombre (…) Ces initiatives qui sont pour le moment des alternatives au système doivent devenir la norme. Elles permettent non seulement de réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre, mais également de créer de l’emploi et de construire une société plus humaine, plus juste et plus solidaire ».

Nous souhaitons aussi que la population participe activement à la vie démocratique, que ceux qui votent agissent aussi ; que certains choix pour nous essentiels ne soient pas pris sans consultation populaire, comme des décisions concernant les technologies qu’on décide ou non d’adopter (5G, tableaux blancs interactifs, compteurs « intelligents », etc.), les modifications importantes de la voirie (comme la décision de changer tous les lampadaires de la commune), les choix concernant l’affectation ou le devenir des biens communs (comme le château de Nettinne par exemple) ou encore les commerces qui s’installent dans notre commune. Tout cela ne peut se faire sans que cela ait été l’objet préalable de séances d’informations et de débats et d’une saine prudence.

En somme, nous voulons une réelle démocratie participative avec une population informée qui pourra prendre des positions en connaissance de cause.

Une mise en œuvre rapide

Comme habitants et habitantes de Watermael-Boitsfort, mais surtout comme témoins de la dégradation de l’état du monde, nous avons le sentiment que le local ne prend pas la mesure du problème, que très peu de choses changent, ou beaucoup trop doucement. Certes, cela prend du temps, mais on entend cela trop souvent. Le temps a bon dos et arrange certains… C’est aussi pour cela que beaucoup de gens ne votent plus, car ils ont l’impression, assez vraie, que rien ne change en profondeur.

Les 5 principes :

Si vous pensez que les partis traditionnels ont pris la mesure des enjeux de notre époque, si vous pensez qu’au niveau local ils mettront en place des politiques radicales, courageuses, adaptées à la situation, demandez-leur qu’ils vous actent cela, qu’ils vous expliquent ce qu’ils feront et qu’ils vous assurent que ce ne seront pas que des promesses, par exemple en assurant la révocation des mandats s’ils ne devaient pas le faire.

Par contre, si comme nous vous êtes convaincus qu’ils ne feront pas assez, qu’ils ne seront pas à la hauteur de leurs promesses, si vous pensez aussi que la politique politicienne est loin d’être la solution, mais qu’en l’investissant de façon révolutionnaire, elle pourra être le levier de quelque chose de nouveau, alors votez pour nous ! Ce ne pourra être que mieux que ce qu’ils nous préparent depuis des décennies. Et nous le ferons ensemble.

Il faut maintenant agir. Pour cela, nous avons retenu 5 principes de base sur lesquels il nous faut réfléchir tous ensemble. Nous avons développé notre opinion pour chacun de ces principes. Nous attendons de pouvoir confronter nos opinions aux vôtres…

1. Stop à la destruction de l’écosystème :

Toutes les preuves convergent vers le constat que notre système productiviste détruit cette planète : depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, nous avons plus produit et jeté qu’entre le début de l’apparition de l’homme et 1945. Soit, en moins de 75 ans, nous avons consommé plus qu’en 2,5 millions d’années. Il faut changer drastiquement nos façons de vivre et de penser, sinon ce n’est pas moins que notre civilisation qui risque de disparaître.

Société post-carbone : il faut orienter TOUTES LES DÉCISIONS COMMUNALES vers une sortie progressive de notre dépendance aux énergies fossiles. Les choix à faire pour atteindre un tel objectif seront discutés et définis ainsi que les moyens de les mettre en œuvre concrètement dans la commune. Un bilan annuel évaluant les objectifs et leur réalisation pourra être établi, pour sortir du seul domaine des « belles paroles ».

– Qualité de l’air et transports : Greenpeace a récemment alerté sur la qualité médiocre de l’air à Bruxelles. Certaines initiatives voient le jour, comme celle de certains parents qui dénoncent l’inertie des pouvoirs publics et alertent sur le danger. Curieusement, rien à Watermael-Boitsfort. « La qualité de l’air extérieur est “médiocre, inacceptable ou mauvaise” dans 61 % des 222 écoles sondées en Belgique. La limite de 40 µg/m³ de NO2 (= l’échelle mesurant la pollution de l’air) est une limite fixée par l’Europe pour des raisons économiques. Or, il semblerait que le seuil médicalement dommageable soit de l’ordre de 20 µg/m³. Sachant que les enfants sont encore plus sensibles aux conséquences néfastes d’un air pollué, ce chiffre est extrêmement alarmant ». Cet extrait provient du projet Filter-café-filtré, lancé par des parents qui veulent conscientiser la population à l’urgence d’une réduction de l’usage de la voiture. Ils ajoutent : « L’action que nous voulons mener est aussi simple que la mission. Interdire aux voitures l’accès aux rues où se trouvent des écoles chaque vendredi matin, juste avant le début des cours. Boire ensemble une tasse de café et laisser les enfants jouer dans une rue sans voiture. Inviter les décideurs politiques locaux à partager ce café ». Nous encouragerons et soutiendrons ce genre d’initiatives.

Dans un même temps, comprenant tout à fait les parents habitués à l’usage de la voiture qui trouvent encore difficilement le moyen de s’en passer pour conduire leurs enfants, mais soucieux de ne pas nuire à la vie, nous voulons que se développent des « pédibus », « cyclobus », rangs d’élèves midi et soir, avec des parents qui se relaient, des bénévoles, etc.

Zone 30 : nous demandons une généralisation des zones 30. Mais cela est insuffisant : nombre d’habitants constatent que ces panneaux, peu visibles le plus souvent, ne servent à rien et n’enlèvent donc pas le danger et le sentiment de danger. Il faut donc accentuer la visibilité des zones 30 et généraliser des réducteurs de vitesse.

– Élévation des passages piétons et autres moyens de diminuer la vitesse : nous demandons l’élévation des passages cloutés dans les principales voiries de la commune où les voitures peuvent rouler à grande vitesse. Ceci, outre que de constituer un casse-vitesse, modifiera en substance l’ordre de priorité : ce n’est plus le piéton qui traversera la rue, mais l’automobiliste et sa voiture qui traverseront le trottoir.

Le tout-voiture n’est ni possible ni souhaitable. En 2015, les ventes de véhicules dans le monde ont atteint 90,68 millions. Nous ne changerons pas le monde depuis Boitsfort, mais nous ne changerons pas localement si nous attendons qu’un autre lointain le fasse. Il faut dès à présent créer plus d’espaces pour les vélos, notamment dans les lieux publics, mais également mettre des box auto-construits, beaux et pratiques, sur les voiries dans les rues où les gens n’ont pas de possibilité d’entreposer leurs vélos. Il faut profiter du savoir d’associations comme le Gracq et Provélo, s’associer dans des projets avec les vélocistes nombreux de la commune.

Dans le même sens, les places de parking, qui occupent une surface immense dans les villes, pourront progressivement être repensées pour d’autres usages. Dans chaque quartier, une place pourra dans un premier temps être dédié à autre chose : compost, bancs, box vélo, box d’objets partagés, etc.

– Il faut faciliter les déplacements qui ne nécessitent pas d’énergies fossiles ou nucléaires, en généralisant les pistes cyclables sécurisées, rénovant les trottoirs et empêchant/sanctionnant le stationnement sauvage sur ceux-ci. Il faut encourager les déplacements vers l’école à pied/vélo/transport en commun (voir « enseignement »). Les ateliers vélos, à l’instar de ceux organisés par l’association « Les ateliers de la rue Voot », doivent se développer à Boitsfort, ils sont des lieux de convivialité et d’échange de savoir, choses indispensables pour faire société.

Véhicules partagés : il faut encourager/créer des services de véhicules partagés : voitures et vélos (dont des vélos cargos, mais aussi des vélos électriques pour ceux qui ne sont plus ou pas capables de rouler sans assistance).

-Moratoire sur les constructions sur des terrains communaux : Bruxelles manque cruellement de terrains non bâtis. La bétonisation des sols concourt à leur appauvrissement, détruit la biodiversité, assèche les nappes phréatiques et la capacité d’absorption des sols, éradique les arbres ou empêche d’en planter de nouveaux. Il faut tirer enseignement de l’expertise d’une organisation comme Inter Environnement Bruxelles (IEB) dans tous ces domaines. IEB étudie de nombreux dossiers et a un avis intéressant sur de nombreuses questions, il faut, comme pour d’autres associations, les inviter lors des conseils communaux qui soulèvent certains thèmes qu’ils traitent ou pourraient traiter ; tel le devenir du site AXA, dont les promoteurs veulent détruire le bâtiment pour ensuite ériger

Déchet, propreté : Il faut généraliser les composts de quartiers, favoriser les toilettes sèches dans tous les lieux publics où il est possible d’en installer. Dans ce cadre, il faut collaborer avec des associations comme Worms. Envisager aussi un ramassage local des déchets organiques, compostés dans un lieu de Watermael-Boitsfort qui permettra la récupération d’énergie et créera de l’emploi au niveau local.

– Comme d’autres communes, il faut développer un plan d’action pour devenir une commune sans (zéro) déchet, mais également sensibiliser les habitantes et habitants non pas seulement au tri, mais à la nécessité de réduire la production de déchets en amont, donc les emballages. Dans cette idée, la commune doit promouvoir les commerces en vrac. En Wallonie, Gesves, Saint-Ode, Pont-à-Celles, La Hulpe, Écaussinnes, Braives, Waremme, Dour, Thuin… de nombreuses communes mettent en place un plan d’action collaboratif visant à devenir des communes zéro déchet.

– Il va de soi que nous sommes opposés à toute forme d’exploitation et que nous serons vigilants au bien-être des animaux dans nos choix communaux, mais nous ne confondrons pas l’élevage à la ferme, lorsque l’animal est respecté et participe à l’équilibre général de la production, avec l’élevage industriel intensif, non respectueux de l’animal, de la terre et de l’homme.

– Partage et biens communs : y a-t-il un sens à ce que chaque habitation avec jardin ait son taille-haie, sa tondeuse, sa foreuse à percutions, etc. Peut-on envisager de créer des lieux collectifs et multiples où l’on pourra partager ces outils, à l’exemple de l’initiative de l’association Tournevie ?

Halte au gaspillage : il faut tout mettre en œuvre pour que plus aucune denrée comestible ne soit jetée à la poubelle sur notre territoire communal. Cela concerne les écoles évidemment, mais aussi les magasins et les restaurants. Il faut leur proposer des solutions de récupération de ces déchets (composts communaux, poulaillers collectifs, plateforme de dons à des personnes privées du minimum de nourritures…).

Fin de la publicité commerciale : la publicité commerciale ne sert à rien, sauf à nous faire désirer des objets, à nous pousser à consommer toujours plus, défigurant le paysage de notre commune. Nous voulons que Watermael-Boitsfort devienne la première commune bruxelloise sans publicité commerciale. En abolissant dans un premier temps la publicité commerciale sur les panneaux dont la commune a la gestion, nous pourrons les utiliser pour diffuser une information publique et gratuite (cf. « Information communale »), que la commune pourra utiliser pour communiquer avec la population. Ensuite, nous voulons étudier les possibilités, avec un avocat, de rompre le contrat qui lie JC-Decaux à la commune : nous ne pouvons nous revendiquer écologiste et faire la promotion de hamburgers du Mc-Donalds.

– Nous voulons que le collège communal se prononce pour la sortie du nucléaire et qu’il communique sur son plan d’urgence en cas d’accident atomique, en collaboration avec des associations comme Fin du nucléaire (http://findunucleaire.be/echo/interpellation.htm).

– Nous désirons développer les fermes urbaines partout où c’est possible sur le territoire de la commune, tirer des expériences de la culture traditionnelle, de la permaculture, de la biodynamie…, cultiver les terres dans divers lieux de la commune, improbables comme attendus ; créer des fermes écoles dans des territoires extracommunaux et communaux.

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2. Participation active de la population :

Nous demandons plus que de la participation ponctuelle, nécessaire, mais insuffisante pour amorcer de réels changements. Les citoyens et les citoyennes doivent décider et faire la vie démocratique. Les élus et les élues ne sont pas là pour faire vivre une commune : ils ont bien plus besoin du peuple que le peuple a besoin d’eux ou d’elles ! Ainsi, nous voulons que la commune insuffle le réseautage, ce maillage de toutes les initiatives qui vont dans le sens d’une société décente. Ce maillage sur la commune doit s’accompagner d’une collaboration avec des expériences extérieures à la commune aussi.

Il ne faut pas uniquement suivre ou accompagner les initiatives citoyennes, il faut les encourager, leur déléguer un pouvoir qui est actuellement trop centralisé. Des exemples de telles décentralisations du pouvoir existent ailleurs et il faut s’en inspirer.

Transparence totale : Si les écologistes, les libéraux, les socialistes, les chrétiens démocrates peuvent à des échelles locales parfois réaliser des choses intéressantes, ils restent inféodés à des partis corrompus, électoralistes, donc calculateurs. Toutes les affaires (Samu social/Nethys/Kazakhgate, etc.) récentes et à venir sont là pour nous le prouver. Nous voulons une transparence totale de la commune. Si le précédent bourgmestre a déjà répondu à la demande de l’association Transparency en rendant les comptes de la commune transparents, nous voulons aller beaucoup plus loin. Les choix communaux doivent pouvoir être justifiés économiquement, mais aussi par rapport à leur intérêt social et leur prise en compte écologique. Par exemple, il est très bien de montrer des comptes dans lesquels sont transparents les achats de « poubelles intelligentes » ou nouveaux lampadaires, mais il est surtout plus important, en aval, de questionner de façon transparente et publique l’utilité de tels objets.

De même, nous pourrons questionner la nécessité des huis clos et tenter, soit de les supprimer, soit de les réduire au minimum. Qu’est-ce qui justifie en effet que des élues et élus du peuple discutent secrètement de choses qui concernent des sujets pour lesquels nous les avons plébiscités?

Nous encouragerons également la création de « rapporteurs citoyens » qui pourront rendre compte des discussions politiques officielles. Des délégations citoyennes tirées au sort et rémunérées par jetons de présence lors de conseils pourront être constituées.

Il faut par ailleurs porter à la connaissance du public les procédures d’attribution des subsides de la Commune aux ASBL paracommunales et aux associations.

Abolition du vote électronique ou impression papier : Le vote électronique seul peut faire l’objet de toutes les manipulations : nous demandons le retour au vote papier ou, mieux, que le vote électronique par chacun ou chacune soit suivi de l’impression du vote à glisser dans l’urne. Ainsi, le risque d’erreur ou de manipulation sera minime.

Vote à l’issue de débats démocratiques : le vote en connaissance de cause ne va pas sans la possibilité d’être informé par des sources sans intérêt par rapport au sujet (ce qui n’est pas le cas des médias dominants). Nous proposons que certains votes populaires ne puissent se faire qu’après la participation à une ou plusieurs séances d’information, à l’instar d’un jury d’assises qui doit être informé de tous les éléments d’un dossier avant de pouvoir porter un jugement.

– Rendre la démocratie plus amusante, donc attrayante : qui des élus se rend à un conseil communal en se disant qu’il va passer une chouette soirée ? Il faut dynamiser les conseils communaux, les ouvrir sur l’extérieur, les partager, simplifier le langage, les décisions… débureaucratiser.

Referendum : Voter pour quelqu’un ne signifie pas lui signer un blanc-seing qu’il pourra utiliser à sa guise pendant 6 ans. Certaines décisions de fond demandent que le peuple soit consulté : par exemple sur le changement dans toute la commune d’éclairage public semblant encore en état de fonctionner, alors que nos écoles communales n’ont plus de sous et imposent aux parents, quels que soient leurs revenus, de payer toute l’année pour diverses choses ; pour l’affectation d’une église située sur le territoire de la commune ; pour la vente de biens communs, etc.

Nous ne nous gargariserons pas avec les initiatives partant du bas, c’est-à-dire du peuple, pour les récupérer pour en tirer quelques glorioles, comme le font par exemple tous les partis avec l’expérience collective du Chant des cailles, instrumentalisant ces projets dans une logique électoraliste.

Au contraire, nous ne voulons pas faire du peuple un outil au service d’un élu, mais que l’élu soit au service du peuple.

Révocation des mandats : Ainsi, nous travaillerons sur une possibilité de révocation des mandats par les citoyens qui considéreront que les élus ne font pas ce qu’ils ont promis.

– La vie collective ne se fait pas au collège communal, mais dans des lieux associatifs et culturels. Il faut promouvoir les bars associatifs, les librairies, les magasins coopératifs, les ateliers vélos, un ciné-club en redonnant vie au matériel de projection 35 mm dont dispose la commune (que la salle des Trois-Tilleuls, sous-utilisée, pourrait accueillir), les ateliers cuisine, les cantines collectives, le mélange des personnes âgées et jeunes, des handicapés et des autres.

– Tout le monde doit agir pour que notre commune soit propre, mais les ouvriers et ouvrières communaux ne sont pas nos esclaves, chaque habitant doit nettoyer devant chez lui, s’il est en mesure de le faire, lorsque des déchets jonchent le trottoir.

– Vive les chats, les chiens, mais aucune tolérance pour les déjections sur les trottoirs.

– Le budget participatif permettrait d’affecter une partie du budget communal à des projets émanant directement d’habitants. Ils connaissent mieux leur quartier et font souvent des choix réfléchis.

– Même si les dons individuels ne doivent pas se substituer à la redistribution publique et prendre leur place, comme le font de plus en plus souvent les crowdfunding et autres pratiques collaboratives, des caisses de soutien à des projets communaux sont envisageables.

– Diffuser l’information communale par internet est une bonne chose, mais insuffisante : beaucoup de personnes âgées ne vont par sur internet, d’autres n’iront pas sur le site de la commune. Par ailleurs, l’information sur internet est individualisée, alors qu’afficher dans la rue des informations communales (notamment pour les referendums), créera un autre rapport à l’information et donnera une autre dimension à l’espace public. Nous pourrions envisager une radio communale, alimentée par des habitants de tout âge, avec des collaborations pour former des jeunes avec des radios associatives comme radio campus ou Radio panik.

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3. Lutte contre les inégalités :

Les inégalités de revenus sont criantes, dans notre commune aussi. S’il n’est pas dans nos moyens d’agir sur toutes les causes, nous pouvons intervenir dans la mesure de nos possibilités locales pour que plus aucun transfert d’argent financier ne se fasse vers plus riche que soi et que toutes les mesures communales prises aillent dans le sens de la résorption des inégalités.

Lutter contre la hiérarchisation des établissements de la commune : on sait tous que certaines écoles sont remplies d’enfants issus de couches socio-économiquement favorisées alors que d’autres écoles sont à la limite de basculer en D+ (école à indice socio-économique faible). Or, c’est aussi la mixité qui diminue la probabilité qu’ils soient victimes de la reproduction sociale.

– La liberté de promouvoir dans les écoles de Watermael-Boitsfort d’autres pratiques pédagogiques, notamment inspirées de la Finlande, mais plus près d’ici, d’écoles bruxelloises qui tentent de faire autrement, est sans limites. Il faut inciter les écoles à s’ouvrir sur l’extérieur, mais aussi à découvrir les pratiques pédagogiques innovantes d’autres établissements, quel que soit le réseau (nous pensons à l’école Saint-Joseph, dans la commune limitrophe d’Ixelles).

La commune doit dès lors encourager ce qui fonctionne en matière d’émancipation de l’élève, d’égalité, d’ouverture et d’esprit critique. L’école doit dépasser la focalisation sur le « Français/Math » (en leur accordant toutefois une certaine importance) pour être un lieu qui tient compte des intelligences multiples et les personnalités multiples.

– ceux qui n’ont pas de voiture doivent être encouragés et récompensés. Il faut creuser ces pistes, comme celle de la possibilité de collaborer avec la région pour une réduction de l’abonnement de bus pour ceux qui n’ont pas de voiture.

– Le bourgmestre doit être un modèle d’égalité. À ce titre, on peut questionner les 96.732,96 euros bruts annuels que touchent le bourgmestre. Il faudra aussi réfléchir au salaire des échevins et des échevins, dont certain.e.s cumulent leur mandat politique avec une autre activité professionnelle rémunérée.

Contre la privatisation de l’école en cours : face au sous-investissement de l’enseignement, les marchés privés du soutien scolaire se développent à toute vitesse, au détriment des plus pauvres. Il est inacceptable de devoir payer pour apprendre et réussir à l’école, pratiques préjudiciables aux plus pauvres. Avec des organisations comme la FAPEO, mais aussi d’autres comme l’APED, nous voulons mener des débats et envisager des solutions face aux problèmes de l’école, qui sont souvent les conséquences d’une bien triste réalité : parmi les pays de l’OCDE, la Belgique est l’un des pays les plus inégalitaires, c’est-à-dire que plus on est pauvre, plus on échoue à l’école en Belgique.

– Il faut envisager des possibilités de taxation qui ne touchent pas les personnes déjà victimes de la pauvreté, comme taxer les entreprises présentes sur le territoire, taxer les grosses fortunes, imposer une taxe sur les ménages possédant plus d’une voiture, etc.

– Watermael-Boitsfort ne peut pas retenir les enfants qui y sont nés, faute d’habitations abordables et de loyers soutenables. Il faut trouver des moyens communaux pour plafonner les loyers, mais aussi fixer une limite au nombre de propriétés que peut posséder une seule personne sur notre commune. Trouvez-vous normal que certains propriétaires possèdent sur la commune des dizaines de biens immobiliers ?

– La commune devra prendre en compte la situation particulière des femmes qui, sous divers aspects (charge des enfants lors d’une séparation, lourdes tâches ménagères…), ne bénéficient pas, globalement, du même niveau de vie que les hommes ; et ceci plus particulièrement des familles monoparentales, qui sont en majorité des femmes avec des enfants en bas âge.

– Nous avons, en tant que Boitsfortois, des leviers d’action pour amener plus d’égalité au-delà des frontières de notre commune. Nous favoriserons les achats équitables, par exemple en choisissant des producteurs corrects pour vêtir les ouvriers communaux. Bien d’autres pistes en ce sens peuvent être investiguées.

– Politique de réhabilitation des logements sociaux vides et insalubres.

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4. Prudence technologique :

Les TIC (technologies de l’information et de la communication) se déploient à une telle vitesse qu’elles ne répondent plus à aucune volonté démocratique issue de choix pris après des séances d’informations et des débats. Il faut réfléchir à ce dont nous avons besoin, à ce qui est sain, nécessaire, respectueux de la terre et des êtres vivants.

Limiter les antennes relais et les refuser si leur nocivité est avérée (collaborer avec des associations comme Grondes, Retour au filaire, etc.). Moratoire communal sur la 5G, constitué de débats, informations et décisions ensuite. Il ne faut plus que les citoyennes et les citoyens découvrent « par hasard » que de nouvelles antennes vont être installées dans leur quartier.

– Refuser, comme les 658 communes françaises, l’installation de compteurs intelligents dans notre commune.

– La numérisation des écoles (tableaux blancs interactifs, tablettes, wi-fi) repose sur la généralisation de procédés coûteux, consommateurs de matières premières et dont les effets sur la santé et les comportements sont de plus en plus dénoncés. Ses effets néfastes ont été montrés dans d’autres pays, la commune ne peut y céder au nom d’un Progrès irréfléchi, véritable religion moderne ; le peuple de Watermael-Boitsfort doit être informé et prendre des décisions en connaissance de cause. Toute intrusion technologique au sein de l’école doit faite l’objet de débats au sein de la commune, de l’école, avec les parents, les enseignants, les élus. Nous sommes circonspects face à l’envahissement d’écrans présentés comme des outils indispensables, pendant que de nombreuses études indépendantes montrent leurs effets nocifs sur la concentration, le comportement, l’intelligence, etc. Doit-on encore exposer les enfants à l’école, alors qu’en moyenne un enfant de 7 ans aura passé un an de temps éveillé devant des écrans ? Par ailleurs, peut-on généraliser dans les classes des technologies qui coûtent cher, nécessitent des matières premières lointaines, de la main-d’œuvre exploitée au Sud, et ont une durabilité de quelques années impliquant un renouvellement de milliers de ces objets toutes les X années ?

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5. Watermael-Boitsfort, un modèle :

Notre commune doit devenir un modèle en matière de transport, commerce de proximité, logement, enseignement, etc. Nous ne voulons par en faire une commune fermée, mais nous souhaitons que les nouveaux arrivants ressentent un mieux-être, une différence, un début d’utopie.

– Nous voulons que les élus et les élues fassent état de leur patrimoine immobilier et de leurs divers revenus s’ajoutant à celui reçu pour leur mandat communal.

– Maillage des initiatives locales : Il ne faut pas tout repenser seul, mais se joindre, apprendre et tirer profit des expériences menées dans d’autres communes, villes, pays. Il existe des milliers d’expériences ailleurs dont nous pouvons nous inspirer.

– Des dizaines d’associations locales et régionales font déjà un travail politique, dans le sens de proposer une autre gestion de la cité. Nous voulons écouter des acteurs comme Worms, Natagora, Bruxelles environnement, le Gracq, Dialogue en humanité, le Chant des Cailles, l’épicerie collective, Farilu, TAC, etc.

Cohérence : Il ne suffit pas de brandir des slogans et de lancer de belles idées. Comment peut-on par exemple « défendre l’environnement » alors qu’on encourage la numérisation des écoles, qu’on reste totalement silencieux sur les décisions parlementaires bruxelloises autorisant le déploiement des compteurs « intelligents », qu’on ne s’attaque pas au problème central de la qualité de l’air et à une de ses causes principales qu’est le transport automobile, qu’on signe la pétition contre le survol des avions sans questionner la massification du transport d’avions qui iront survoler d’autres têtes que les nôtres ?

– Nous refusons la criminalisation de l’aide humanitaire. Nous voulons que l’accueil des migrants et des migrantes s’inscrive toutefois dans une réflexion globale : il est primordial de tendre la main, mais il est illogique de le faire sans attaquer les causes des départs massifs, dont l’origine se trouve notamment dans notre mode de vie occidental et un de ses traits caractéristiques qu’est la surconsommation.

Désendettement, mais pas à tout prix. Il faut aider au désendettement de la commune, sans toutefois que les dettes justifient le saccage des services publics, comme le fut la vente de Nettinne qui aurait dû d’ailleurs faire l’objet d’un referendum et de débats pour trouver d’autres solutions. Que vendra-t-on, privatisera-t-on après sinon ?

– Il est possible de créer des caisses d’épargne locale, qui auraient outre l’avantage d’aider à l’investissement dans des projets locaux, celui de retirer l’argent de banques qui investissent dans des projets destructeurs de la nature et des êtres.

– L’état israélien ne respecte pas les conventions internationales et continue la colonisation de territoires occupés. Par ailleurs, Israël vend des marchandises produites sur ces colonies illégales. Nous voulons que la commune informe les citoyens et refuse sur son territoire tous produits issus des colonies israéliennes.

Commune modèle en termes de commerces : Si les commerçants doivent être soutenus, la défense inconditionnelle d’un commerce n’a pas de sens. Il faut aider davantage les commerces qui apportent réellement quelque chose en terme social et écologique. Des possibilités sont à étudier, notamment via les baux emphytéotiques que la commune peut faire sur certains bâtiments qu’elle possède. Des prix attractifs assureraient ainsi l’installation plus facile pour des commerçants dont le premier souci n’est pas l’argent : coopératives d’achat, groupes d’achats soutenant une agriculture paysanne, boucherie biologique, magasins « tout en vrac », comme s’en ouvrira un prochainement chaussée de Boondael à Ixelles. Watermael-Boitsfort doit progressivement sortir de la logique de la grande surface.

– Même si nous sommes bien conscients qu’une autonomie alimentaire n’est pas possible en ayant recours à l’agriculture urbaine, les terrains cultivables étant trop rares, la commune doit devenir un modèle en termes de fermes et de cultures urbaines. Ce faisant, la commune doit aussi décider d’arrêter la construction de nouveaux bâtiments, pour se focaliser sur la rénovation des immeubles inoccupés. Il faut raison garder : la croissance démographique de la commune a des limites, elle ne peut se faire au détriment de la qualité de vie et de la nature.

– De même, la réinsertion par l’agriculture, dans des fermes écoles dont nous avons parlés ci-dessus, est un superbe moyen d’associer l’écologie et le social.

Si les marchés de Watermael-Boitsfort sont une formidable démarche, il faut également encourager les véritables productions artisanales, sans pesticide, du terroir et trouver un espace pour développer un marché couvert quotidien. Pour que les maraîchers, les fromagers, les bouchers, épiciers… qui animent nos marchés puissent en vivre, il faut inciter les gens à ne plus acheter en grande surface et à passer directement par des petits producteurs.

– Politique de plantage d’arbres dans toute la commune, de soutien à l’embellissement des quartiers (plantes, bancs publics, panneaux d’affichage).

– Nous voulons mélanger les générations, les différences, en collaborant encore plus avec les maisons de repos de la commune, la Clairière, les écoles.

– Nous voulons stimuler la création d’habitats groupés, viviers d’expériences différentes.

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