Réaction d’une candidate Écolo à notre liste

Sur des réseaux “sociaux”, une candidate écolo, deuxième sur la liste de Watermael-Boitsfort, réagit à notre nouvelle liste NOSVOTES:

« Cette liste me confond en paradoxe. Où étaient les citoyens de cette liste quand les commerçants de la place Keym se sont levés pour les places de parking. Il n’y a pas de politique possible sans le soutien des citoyens et ceux qui auraient pu soutenir Ecolo se sont tus dans toutes les langues. Alors oui, on a les politiciens et les politiques qu’on mérite. Et si une liste véritablement citoyenne comme à Saillans peut me séduire et même m’inspirer, cette liste dite citoyenne n’y ressemble pas du tout… j’attends de voir ce qui sera proposé car en l’état je ne sais rien de son programme, même si j’aurai souhaité plus d’info quand on m’a demandé de la soutenir pour qu’elle puisse être déposée par une autre voie que le soutien citoyen »

Cette réponse en dit long sur la considération des politiciens professionnels à l’égard de ce qu’on aimerait appeler le peuple, outre qu’elle dénote une méconnaissance des oppositions concrètes dans la commune et des différentes formes qu’elle peut prendre :

 

  • « Où étaient les citoyens ? » Nombreux dans notre liste se sont levés contre le tout-voiture défendu par les commerçants de la place Keym. Certains d’entre nous étaient présents lors des trois soirées organisées dans l’école primaire Les Cèdres. Mais faut-il se justifier et ceux absents doivent-ils être mis au ban ? Sous prétexte que certains se seraient réveillés trop tard, vous leur imposez de se rendormir ? Les absents de vos réunions ponctuelles ne sont-ils pas présents quand ils conduisent leur(s) enfant(s) à pied à l’école et imaginent les poumons de leurs petits s’emplir de particules rares, révoltés que rien ne change ?
    Les (ir-)responsables politiques auraient pu profiter de cette « rébellion » pro-bagnoles pour lancer une grande campagne dans toute la commune sur la nécessité irrémédiable de sortir du tout-automobile. Les politiques ne trouvent maintenant rien de mieux que de dissimuler leur couardise derrière un manque de suivisme citoyen.
    Mais où étaient ces mêmes politiques quand notre lettre ouverte au bourgmestre, ayant circulé chez des dizaines (centaines?) de personnes dans la commune, n’a reçu aucune réponse, même après un second envoi en mai 2018 ? Où étaient-ils ? http://www.nosvotes.be/…/lettre-ouverte-a-ceux-qui-se…/
  •  « Il n’y a pas de politique possible sans le soutien des citoyens ». Certes, c’est un truisme, mais cet argument est surtout la rengaine des médias et des politiques qui justifient leurs émissions/leurs mesures politiques sous le prétexte que ce serait ce que les spectateurs/citoyens demandent. Ainsi, ils attendent que tout le monde soit d’accord avant de remplacer une place de parking par un compost de quartier, un banc, un potager… Ne sait-on pourtant pas que la voiture individuelle est un non-sens écologique ? Nombreux n’écoutent plus écolo parce que son discours est creux, parce qu’il n’a pas les mots pour relever les défis actuels, parce qu’il est devenu un parti comme les autres ? Parce qu’il n’ose plus et a fait de la nécessité de fédérer une fin en soi et plus un moyen. L’exemple du vote sur le TSCG est clair à ce sujet :

    Ecolo vote contre quand ils sont dans l’opposition, pour quand ils sont dans la majorité. Nous attendons un discours vrai, qu’il soit possible ou impossible à mettre en œuvre, pas des prétextes à la passivité. « Ils ne savaient pas que c’était impossible, donc ils l’ont fait »…

  • « On a les politiques qu’on mérite ». Superbe ! cela indiquant que si les politiques sont des crasses, les citoyens aussi, et qu’en fin de compte c’est bien plus de la responsabilité des seconds ? On entend ce « si on était vertueux, les politiques le seraient aussi »… Pourtant, quand on soutient des idées, quand on veut lutter, quand l’écologie n’est pas un vain mot, on se défend, contre vent et marrées, même si l’on se sent parfois fort seul. Même si on risque de perdre des voix ! Au moins, on n’aura pas perdu sa dignité ! Le respect comme le souci de la vie, la décence, avant tout.
  • « Cette liste dite citoyenne n’y ressemble pas du tout ». Les politiciennes et politiciens n’aiment pas qu’on marche sur leur plate-bande… ils ne sont inscrits que dans un calcul électoral, espérant bien qu’ils seront réélus au prochain tour. Tout ce qui émane des citoyens est ainsi d’emblée considéré comme suspect. Ce n’est pas Saillans… certes, Saillans, c’est un contexte particulier, un choix de faire émerger des principes par le bas, avec tout ce que cela demande. Et saillans n’est pas LE modèle, estampillé « liste citoyenne ». Nous avons fait le pari de retenir quelques valeurs de base – ce n’est pas un « programme » à proprement parler – et de partir de là pour faire des choses révolutionnaires ensemble. D’emblée, vous nous dénigrez, au lieu de nous soutenir pour vous démarquer de la politique système, sclérosée. Vous dépensez votre énergie à nous délégitimer d’entrée de jeu et ce pour justifier/légitimer votre refus d’avoir signé notre liste électorale afin de pouvoir la présenter , cette liste « dite » citoyenne (cf. la candidate Ecolo). Beau principe démocratique. Est-ce toi qui désignes qui est citoyen ou ne l’est pas ?
  • Le parti Ecolo a refusé de signer. Un conseiller communal sortant que j’ai eu au téléphone me l’a dit clairement. De même, un échevin Ecolo a tenu le même discours. La candidate Ecolo a juste feint l’ouverture, mais indiquant d’abord dans sa réponse à notre demande de signer pour qu’on puisse démocratiquement remettre notre liste NOSVOTES : « Faire appel aux politiques pour soutenir une liste citoyenne me semble, à première vue, un paradoxe. » Ce n’était pas un « paradoxe » pour nous et sa demande de « plus d’infos » n’était qu’une manœuvre dilatoire. La candidate savait que ce n’était pas une liste d’extrême droite et connaît les valeurs que nous portons. Il s’agissait donc uniquement de signer cette liste pour alimenter le débat démocratique.
  • Vous attendez de voir le programme, c’est bien légitime. Qu’en pensez-vous maintenant ?: www.nosvotes.be, car vous parlez de tout, mais les idées là-dedans, et les actes ? On a le sentiment que la vie politique est un trésor que vous ne voulez pas partager. Nous le partagerons avec les autres, pour reprendre notre avenir en mains.Il est trop tard pour tergiverser.

 

Lettre ouverte à ceux qui se disent écolos, mais ne résistent pas au progrès…

Le 26 mars 2018, face à l’envahissement progressif des établissements scolaires de Watermael-Boitsfort par les NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication), le journal KAIROS interpellait le bourgmestre. Aucune réponse ne fut donnée à notre courrier. Le 11 mai, nous renvoyions un courrier. Nous n’avons jamais eu de réponse. Voyez l’intérêt des élus pour ces préoccupations essentielles…

Listes des destinataires:

  • Olivier Deleuze
  • Alain Wiard
  • Anne Depuydt
  • Cécile Van Hecke
  • Tristan Roberti
  • Jean-Manuel Cisey
  • Benoît Thielemans
  • Jan Verbeke
  • David Leisterh

 

Cher Bourgmestre, Cher Monsieur Deleuze,

Que ce soit dans d’autres communes de Belgique, en France, ailleurs en Europe ou dans le monde, votre commune ne se distingue malheureusement pas des autres, et adopte un suivisme qu’elle voudrait faire passer pour naturel en proposant de faire de l’ouverture des écoles aux « nouvelles technologies », une « priorité pédagogique ». C’est ainsi que dans le journal officiel de la commune de janvier-février 2017, sous le titre « École numérique », on pouvait lire : « Depuis 2014, la Commune équipe plusieurs classes primaires de TBI (tableaux blancs interactifs). Directement relié à l’ordinateur, ce tableau permet aux professeurs d’illustrer une leçon ou de diffuser l’un ou l’autre documentaire mais aussi à l’élève d’y résoudre un calcul. (…) Autre support informatique en maternelle : la tablette (sic). Un projet pilote est en cours cette année à l’école Le Colibri : la création d’un cahier de vie numérique ».

Dans le premier numéro 2018, la commune enfonçait le clou : « La société, le monde du travail et les écoles sont en constante évolution et accordent une place de plus en plus importante au numérique. Ce moyen de communication fait donc partie des priorités pédagogiques des écoles communales. Un chargé de mission “école numérique” accompagne et forme les équipes pédagogiques à l’utilisation des TBI (tableaux blancs interactifs) et des tablettes, et suit l’installation et le câblage de l’équipement numérique dans les écoles ».

Ah, cette fameuse « évolution », toujours… Nous aimerions savoir sur quelle base vous vous lancez si promptement dans la numérisation des écoles, alors que les mises en garde se multiplient ? Saviez-vous que les patrons de la Silicon Valley inscrivent leurs enfants à Waldorf, dans une école d’où sont absents les écrans durant toute leur scolarité ? Que croyez-vous qu’ils fassent, si ce n’est protéger leur progéniture de la nocivité des objets qu’ils produisent et avec lesquels ils s’enrichissent ? Car ils en connaissent les effets les plus graves: troubles de l’attention, retard de développement (langage, motricité, cognition, sociabilité, affectif…), autisme virtuel, dépendance affective… Les écrans sont omniprésents, dès la naissance, et ont des effets néfastes prouvés sur le développement des enfants. Les ajouter de façon permanente dans une classe en remplacement du tableau noir ou du cahier est tout à fait absurde, sans parler du coût énorme que cela représente.

Une fois cette réalité acceptée, ou du moins le principe de précaution respecté, il vous faudra aller plus loin, car la technologisation des écoles s’accompagne de multiples problèmes ; ainsi du wifi, dont les études ont montré que les rayonnements de radiofréquence (RFF) étaient cancérogènes (classés ainsi par l’OMS), pouvait également affecter la barrière hémato-encéphalique du cerveau y laissant pénétrer des molécules toxiques, endommager des neurones dans l’hippocampe, déréglant la production de protéines essentielles au cerveau… Lennart Hardell, oncologue suédois, a lancé un signal d’alerte en publiant l’Appel de Reykjavik, portant sur « l’exposition provenant des stations de base de téléphonie mobile, des points d’accès wifi, des téléphones intelligents, des ordinateurs portables et des tablettes (…) à la maison comme à l’école »(1). Comme le disent Philippe Bihouix et Karine Mauvilly dans leur ouvrage Le désastre de l’école numérique, le projet de numérisation de l’école « est irréfléchi et dangereux, d’un point de vue pédagogique, écologique, sanitaire et social » (Silence, septembre 2017). Même les tests PISA, de l’OCDE, démontrent que « les étudiants de pays ayant le plus investi dans l’introduction des ordinateurs à l’école ont des moins bons résultats scolaires ».

Vous devriez donc vous atteler, Monsieur le Bourgmestre, avec vos collègues, à faire des écoles des lieux protégés de ces technologies nocives, sans pour autant parcimonieusement les initier à l’utilisation des ordinateurs. Entretemps, ne vous inquiétez pas, ils auront d’autres choses à faire avec leur tête et leurs mains, activités qui ne coûtent rien ou presque ! Il y a tellement à découvrir dans et hors de l’école. En outre, cet exemple initiera débats et discussions avec les parents, qui eux pensent bien faire en hyperconnectant leur habitation et en laissant leurs enfants devant les écrans des heures par jour.

Enfin, même si cette numérisation devait s’avérer bénéfique pédagogiquement – ce qu’elle n’est pas –, elle demeurerait un désastre écologique et social, reposant sur un extractivisme sauvage et l’esclavage d’enfants et d’adultes. Voudriez-vous donc, si vous pensiez l’argument sanitaire peu fondé, au moins saisir celui-ci, et dans ce cas me répondre : peut-on continuer à détruire la nature pour notre « bien-être technologique » ? La semaine dernière, les scientifiques alertaient à nouveau sur la dégradation alarmante de la biodiversité et la nécessité de changer au plus vite nos modes de vie. Ce que nous ne voyons pas, ne voulons pas voir, c’est que cette disparition des espèces signera la disparition de la nôtre. Là est très certainement le plus grand défi que nous devrons relever, si nous voulons que l’espèce humaine se pérennise.

Ainsi, une « priorité pédagogique » serait-elle de sensibiliser les enfants, et leurs parents, à cette réalité et aux changements à adopter d’urgence. Nous attendons du zèle dans ce domaine et non dans « la numérisation de nos écoles ».

 

Alexandre Penasse

Rédacteur en chef du journal KAIROS

Lettre ouverte à La Première

Bonjour Monsieur Gadisseux,

Nous présentons lors des prochaines élections une liste citoyenne pour la commune de Watermael-Boitsfort.

Si les modalités de la RTBF en termes de passage sur les antennes des “petites” listes, décidées par son CA, nous laissent peu, si pas aucunes chances de nous exprimer sur celles-ci, je suis persuadé que dans un souci de débat démocratique, vous êtes d’accord avec moi qu’il est primordial pour un service public de faire émerger de nouvelles idées et d’enrichir le débat.

Or, ce n’est pas en écoutant sempiternellement les propos des candidats issus des habituelles listes, que nous risquons d’être surpris et bouleversés dans nos certitudes.

L’époque demande du courage, des actes qui dénotent et marquent une réelle volonté de changement.

Nous aimerions ainsi pouvoir débattre de nos idées sur ce média public qui est le nôtre, la RTBF.

Dans l’attente d’une réponse de votre part, bien cordialement,

Alexandre Penasse
Journaliste – Candidat sur la liste NOSVOTES