“Vous deviendrez des pourris comme les autres”

Qui est réellement incorruptible? Nos sociétés productivistes ont mis en place des moyens pour créer les désirs et les objets pour les assouvir, tout en renouvelant sans cesse les deux dans un jeu de conformisme et de compétition, afin d’assurer la croissance économique et l’enrichissement indécent d’une minorité.

Les pièges sont donc nombreux et on a vu des convaincus de la cause du peuple devenir des corrompus zélés. Nous sommes tous pétris de contradictions, tout simplement parce que nous nous battons pour changer un système qui nous dégoûte mais que, peu ou prou, nous en faisons partie.

Quand les contradictions deviennent toutefois trop nombreuses, nous basculons de “l’autre côté”, nous devenons comme ceux que nous critiquions. Ce risque n’est jamais absent, et c’est pour cela qu’une charte de NOSVOTES est en construction pour s’assurer que ce seront toujours nos valeurs qui animeront notre mouvement et que nous ne ferons aucune compromission.

“Vous faites le jeu du système”

Peut-être paradoxalement, à première vue. Mais l’idée n’est pas du tout de valider le système, mais de l’utiliser. Nous sommes des dégoûtés de la politique, profondément, qui dans un ultime sursaut, voulons essayer des pistes qui ont été ignorées souvent par des gens qui avaient de bonnes idées mais ne “voulaient pas faire le jeu du système”.

Nous refusons de reconnaître la légitimité d’un système productiviste qui détruit tout, avec à son service politiciens, capitaines d’industries et une masse d’entre nous désinvestie et désinformée.

 

“Les mouvements citoyens ne sont pas entendus et les partis, lorsqu’ils arrivent au pouvoir , doivent faire tellement de compromis qu’ils y perdent parfois leur âme”

Cette interrogation soulève deux points importants:

  • C’est effectuer un pronostic résigné quant aux possibilités des mouvements citoyens de se faire entendre que de considérer qu’ils partent déjà perdants. Une presse inféodée au pouvoir de l’argent nous a fait abandonner nos espérances et nous a persuadés qu’il n’y avait pas d’alternatives (TINA). Se soumette à cette idée consiste à obéir tacitement à l’ordre dominant.

Par ailleurs, nous pensons que la résignation quant aux chances que le peuple reprenne son destin en main est bien plus infondée et fataliste que la lucidité à avoir sur un parti comme Écolo, dont quelques élus sont peut-être intègres au niveau des pouvoirs locaux, mais qui est gangréné par le népotisme et pris dans la vile vase des intérêts partisans. Ecolo ne se prononce pas sur la question du déploiement technologique, encourageant les écrans et les tableaux dans les classes (dès la 3ème maternelle, voir “Lettre ouverte à ceux qui se disent écolo mais ne résistent pas au progrès”); ne dit rien sur les compteurs “intelligents” qu’on veut nous imposer; se rétracte sur la construction au Chant des cailles alors qu’elle l’encourageait il y a peu de temps encore – déplaçant sa soif de lotissement sur le quartier des Archiducs.

Par ailleurs, le discours d’Ecolo par à rapport à la question du climat est bien trop peureux, à mille lieux des défis qui nous attendent et des mesures urgentes à prendre.

  • La question des partis: le parti, d’autant plus quand il est lié à différents niveaux de pouvoir, ne vise qu’à sa propre croissance: il faut plus de membres, plus de votes, pour avoir plus d’élus. Or, si se faire connaître et grandir peut être un moyen, cela ne doit jamais primer sur la fin fondamentale qui est celle de la défense du bien, de la justice et de la vérité. NOSVOTES n’est pas un parti, c’est une liste citoyenne qui se veut de devenir un mouvement de contre-pouvoir local et de contre-information.

Quant aux partis et à leurs compromis, il faudrait plutôt parler de compromissions et des effets de leur structure et de leur fonctionnement sur la liberté individuelle de penser de ses membres. Vous vous doutez bien que ce n’est pas à cela que nous aspirons. À ce sujet, lire le superbe opuscule de Simone Weill “Note sur la suppression générale des partis politiques”, tout y est dit.

 

“Vous dispersez les forces, le seul but est de fédérer”

On ne veut pas disperser les forces: on veut en créer une nouvelle, qui s’appuie sur des valeurs fortes, et fédérer les gens. Mais nous restons réalistes et le dessein de notre mouvement n’est pas la fédération: vouloir rassembler tout le monde relève au mieux de la démagogie, au pire du marketing. Pour citer Simone Weill, la philosophe auteure de “La condition ouvrière”: “La démocratie, le pouvoir du plus grand nombre, ne sont pas des biens. Ce sont des moyens en vue du bien, estimés efficaces à tort ou à raison. Si la République de Weimar, au lieu de Hitler, avait décidé par les voies les plus rigoureusement parlementaires et légales de mettre les Juifs dans des camps de concentration et de les torturer avec raffinement jusqu’à la mort, les tortures n’auraient pas eu un atome de légitimité de plus qu’elles n’ont maintenant“.

Nous ne pourrons fédérer tout le monde sans trahir nos valeurs. Nous préférons donc rester fidèle à nos valeurs et rassembler des gens autour.

“Il faut être diplomate”

La liberté véritable, c’est celle d’exprimer le fond de sa pensée, mais aussi de laisser l’autre en faire autant. Malheureusement, pris dans une société du spectacle, ce fond est le plus souvent conformiste et détestable. Une parole vraie, voilà ce que nous voulons. La diplomatie dont les puissants parlent souvent et que des gens répètent comme des moutons parfois, est celle qui mène souvent aux pires des politiques, au goulag ou au supermarché. Luther King, Mandela, Biko, Sankara… ne pensaient pas être diplomates quand ils prenaient la parole. Que pensez-vous qu’aurait dit Lumumba s’il avait privilégié la diplomatie lors de son discours devant le peuple congolais et les autorités belges, le 30 juin 1960? (https://www.youtube.com/watch?v=BGB8eOSLAGE).

 

 

“Pourquoi ne pas se joindre à Écolo”

“Ne serait-il pas plus efficace de vous joindre à Ecolo et de défendre vos idées à l’intérieur de ce mouvement?”

Écolo est un parti qui, depuis longtemps, ne constitue plus une force opposée au système capitaliste. Présents à différents niveaux de pouvoir, ses élus font les compromissions qu’il se doit pour demeurer ou accéder aux postes importants.

Un dernier exemple en date est le vote au parlement bruxellois le 20 juillet dernier de l’ordonnance relative aux compteurs “intelligents” et à leur déploiement dans la région. Les députés ont déposé une série d’amendements, dont beaucoup ont été refusés, malgré cela les députés écolos bruxellois se sont abstenus lors du vote sur l’ensemble du projet d’ordonnance. Or, sur un tel sujet  et d’autres, alors que les dangers écologiques et sociaux inhérents à cette technologie sont connus, on ne peut que dire non.

De même, aucune opposition affichée sur le futur déploiement de la 5G, sur les tableaux blancs interactifs dans les classes, les tablettes en maternelle et primaire, etc. Au lieu de cela, ils nous mettent des “poubelles intelligentes”.

 

“Écolo fait déjà ce que vous proposez”

Non, justement, nous pensons que le parti Ecolo n’a pas répondu et ne répondra pas aux défis majeurs de notre époque. Si c’était le cas, nous ne lancerions pas ce mouvement NOSVOTES.

Il faut, pour l’avenir de l’être humain, de la nature et de la vie, ne plus avoir peur de tenir un discours radical, dans le sens de prendre les problèmes à leur racine, et de le faire suivre par des actes. Cela dit, peut-être, et nous l’espérons, que notre mouvement influencera positivement Ecolo; cela dépendra aussi de l’ampleur de celui-ci.

Enfin, pour répondre à votre interrogation, lisez nos valeurs/principes, ce que nous proposons et regardez ensuite ce que le parti Ecolo propose.